dimanche 1 mai 2016

7 nuances de modes (1) ionien

Les comptines enfantines ne sont pas l'unique utilisation du mode ionien.
De célèbres compositeurs classiques ont fait usage de ce mode, par exemple Beethoven dans "l'hymne à la joie", ou Bach dans "Jésus que ma joie demeure" :



Ce mode se retrouve dans tous les styles musicaux occidentaux.
Une idée généralement admise est que le mode ionien est un mode "rond", presque parfait dans sa forme. Il est aussi très souvent associé au mot "joie", ce que confirmeraient les titres donnés à leurs œuvres par les deux illustres compositeurs sus-cités. 
Je pense que le mode ionien n’est pas intrinsèquement gai; ce caractère qui lui est attribué relève davantage d’une forme de grammaire musicale fixée par plusieurs siècles d’usage répété de ce mode majeur en l’associant justement à « gaîté, joie », tout au moins dans la culture occidentale. 

Bob Marley chante "No Woman no Cry", mélodie écrite en mode ionien :




Sting chante « I feel so lonely » sur une grille d'accords dont il reconnaît lui-même qu'il l'a empruntée à Bob Marley.


Sting a transformé la mélodie de Bob Marley en "autre chose". Les notes utilisées sont toujours assemblées en mode ionien, mais il utilise moins de notes dans la mélodie que Bob Marley; il se sert en outre essentiellement des notes complémentaires de celles utilisées par Bob Marley. Le résultat ne m'évoque pas la gaité. J'assume la subjectivité de mon avis : le lecteur pourrait m’objecter que mon ressenti est appuyé par la répétition lancinante et presque plaintive du mot "lonely" dans la chanson, ou encore par le choix du texte lui-même.


Sting parvient ainsi, sur un chemin aussi balisé que le mode ionien, à proposer un changement de perspective intéressant, d'autant plus que son approche, en forme de "négatif musical" de Bob Marley, est minimaliste.





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